Eglise romane de Tohogne

 - Historique

 (repères historiques)

 

Historique (repères historiques).

La simple lecture des pouillés (relevé des bien religieux) et des listes liégeoises d’églises amène à constater que, de toutes les églises de l’ancienne Terre de Durbuy, Tohogne est la seule « intégra », c’est-à-dire qu’elle était la seule à payer taxe entière à l’évêque, à l’archidiacre et au doyen. Ses revenus sont les plus importants.

Ancienne photographie de l’église de Tohogne (côté sud) et son cimetière (cliché IRPA).

Ancienne photographie de l’église de Tohogne (côté sud) et son cimetière (cliché IRPA).

Au XIe siècle, elle faisait partie de l’alleu de Durbuy, propriété entière de Ragelinde (fille du duc Gothelon I) apportée à son mari Albert II, comte de Namur. Il est fort probable que Ragelinde, très riche en biens, aida à la construction de l’église de Tohogne. Cet alleu de Durbuy (dont la première mention écrite date de 1070 : Dolbui castello) échut en apanage au second fils d’Albert II, Henri de Durbuy, en même temps, évidemment, que la grande dîme paroissiale de Tohogne et le droit d’y présenter le curé.

Le château de Durbuy.

Le château de Durbuy.

Henri 1er de Durbuy fit fonction de comte dès 1063-64 et fut le fondateur de la branche Namur-Durbuy. Durbuy avait eu son château au Xe siècle ; c’est alors que le centre de gravité de la région passa à Durbuy, mais il relevait directement, au spirituel, de Tohogne, diocèse de Liège. Le 2e comte, Godedroid de Durbuy, mourut vers 1124 et fut inhumé dans son église de Tohogne. Les anciens textes attestent que l’église de Tohogne a contenu un célèbre gisant comtal, entretenu pendant plus de quatre siècles.

L’Abbaye de Floreffe

L’Abbaye de Floreffe

Le 3e comte de Durbuy, Henri II de Durbuy, est mort jeune et sans héritiers, vers 1147. Du coup, l’alleu de Durbuy repassa à la maison de Namur, en l’occurrence à l’illustre comte Henri l’Aveugle, comte de Namur et de Luxembourg ; il était fils d’Ermesinde de Luxembourg. Vieillissant et sans espoir de progéniture, il avait distribué ses biens, notamment le comté de Durbuy, à ses cousins du Hainaut, quand survint, à la surprise générale, la naissance d’une fille : Ermesinde. Cependant, par amour de « son abbaye de Floreffe », il donna in extremis, vers 1194, l’église de Tohogne avec tous ses droits. A la mort de Henri l’Aveugle (1196), Ermesinde avait 10 ans. D’où plus tard, contestation par Ermesinde et Thibaut de Bar contre la donation de Tohogne à Floreffe. Difficultés et tractations très longues. En 1212, Ermesinde récupère la dîme de Tohogne, couvrant en fait tout le noyau de la Terre de Durbuy, bien au-delà de Wéris. C’est seulement sous le comte Henri de Luxembourg, seigneur de Durbuy, en 1304, que fut récupérée par Durbuy la collation de l’église de Tohogne.

Domaine de la Haisse – Emplacement du chœur de la chapelle Sainte-Madeleine (en 1975).

Domaine de la Haisse – Emplacement du chœur de la chapelle Sainte-Madeleine (en 1975).

 « La Haisse », ancienne maladrerie (léproserie), existant déjà en 1314, était le centre caritatif qui convenait à cet important centre paroissial. Cette fondation, attribuée à Jean l’Aveugle, comte de Durbuy, ou du moins dotée largement par lui, avait pour mission d’aider les « confirmés-ladres » de toute la Terre de Durbuy. On y célébrait la messe dans la chapelle Sainte-Madeleine. Par la suite, cette institution fut ermitage, puis maison d’étude et de repos.

Derniere mise à jour le 23/05/17 Derniers éléments ajoutés Recherche sur le site

 

EditRegion5 26/05/07