Eglise romane de Tohogne

 - Expo

 (les fouilles)

 

Sondages dans l’église Saint-Martin en 1970 et 1975

 

Notre église est le siège d’une imposante paroisse primitive. Vouée à saint Martin, la paroisse comprenait un vaste territoire préfigurant la Terre de Durbuy. Sa fondation paraît remonter au VIIe siècle et est probablement due à l’intervention des moines de l’Abbaye de Stavelot.

Plan général de l’église et des emplacements fouillés en 1970 (I à IV) et en 1975 (V à XIV).

Plan général de l’église et des emplacements fouillés en 1970 (I à IV) et en 1975 (V à XIV).

Sépultures découvertes dans le chœur.

Sépultures découvertes dans le chœur.

Les premiers sondages, entrepris en avril 1970 par le S.N.F., furent limités au périmètre extérieur de l’église. Les tranchées I à IV rencontrèrent un sous-sol bouleversé par les aménagements successifs du cimetière, toujours utilisé. Dans l’église elle-même, les fouilles furent favorisées par la mise en restauration de l’édifice. Les travaux, entamés en mars 1975, s’échellonnèrent au rythme du chantier. Les emplacements V à XIV furent examinés dans les nefs et le chœur.

Structure arrière de l’édicule souterrain.

Structure arrière de l’édicule souterrain.

Les vestiges rencontrés comprennent un niveau d’occupation pré-romane A et un édicule souterrain à usage de caveau B.

Le niveau d’occupation préromane A paraît s’étendre principalement au secteur occidental de l’église. Son antériorité à l’église romane est nettement établie car il repose sur l’assise calcaire du sous-sol et se trouve sous-jacent aux murs de l’église. La découverte de fragments de tuiles détermine la présence d’un bâtiment d’époque romaine qui fut apparemment détruit par le feu, avant d’être complètement arasé.

A l’avant-plan : départ de l’escalier conduisant à l’édicule. Au centre de l’image : tranchée réalisée dans le vaisseau central.

A l’avant-plan : départ de l’escalier conduisant à l’édicule. Au centre de l’image : tranchée réalisée dans le vaisseau central.

Les sépultures découvertes s’alignaient parallèlement à l’église. Partout nombreuses, elles avaient envahi les murs de chaînage, qui se trouvaient complètement démolis au voisinage du sanctuaire. Les inhumations en cercueil constituent la couche récente. Au niveau inférieur se situent les inhumations en terre libre et les tombes maçonnées. Ces dernières, encadrées de murets, sont de forme rectangulaire ou trapézoïdale et parfois couvertes de dalles. Dans le chœur, toutes avaient été remployées.

La découverte de matériel archéologique reste limitée à quelques pièces de céramique d’Andenne visibles dans l’absidiole de la petite nef gauche.

Vue des fouilles dans la petite nef nord près des fonts baptismaux.

Vue des fouilles dans la petite nef nord près des fonts baptismaux.

Des sondages entrepris à Tohogne, il ressort que l’église romane s’élève sur l’emplacement d’un établissement d’époque romaine, non identifié. Par ailleurs, aucune trace d’un sanctuaire plus ancien n’est repérée. Convient-il dès lors d’envisager une destruction totale d’une première église ou bien son abandon en un autre lieu? La question des origines du sanctuaire de Tohogne reste posée.

Janine Alénus-Lecerf   .

 
 
La chambre funéraire

 

L’édicule souterrain vu du côté ouest (photo S.N.F.).

L’édicule souterrain vu du côté ouest (photo S.N.F.).

L’édicule B est situé à l’axe du vaisseau central et à la hauteur de la seconde travée. Sous le pavement, une épaisse dalle obturait l’escalier qui conduit à la chambre funéraire souterraine. Celui-ci comprend une volée de six marches tapissées de fines dalles de grès local. Le caveau proprement dit est de forme rectangulaire et voûté en plein cintre (2,45x1,70 m, ht à la clé de voûte: 1,80 m). Le fond, taillé en plein cintre, n’est pas aménagé. Murs et voûte sont intérieurement couverts d’un épais crépi.

Escalier conduisant à la chambre funéraire.

Escalier conduisant à la chambre funéraire.

Le mode de construction s’avère sommaire. Les parois sont édifiées en moellons de calcaire dont l’unique face taillée forme le parement intérieur.

L’implantation désaxée du monument est remarquable. Tandis que le caveau s’oriente sur les fondations du premier chœur de l’église, l’escalier est aligné sur la nef.

Escalier d’accès et ses six marches. A remarquer : l’arc en plein cintre maladroit existant à l’entrée de la « cave ».

Escalier d’accès et ses six marches. A remarquer : l’arc en plein cintre maladroit existant à l’entrée de la « cave ».

La chambre funéraire était partiellement comblée de gravats, mêlés de débris d’ossements. Sous ce remblai, gisait intacte la sépulture d’enfant.

La date et l’attribution du monument funéraire restent difficiles à préciser. Sans doute servit-il à accueillir la dépouille mortelle d’un comte de Durbuy. Néanmoins, ce monument paraît postérieur au décès de ce personnage.

Derniere mise à jour le 1/08/17 Derniers éléments ajoutés Recherche sur le site

 

EditRegion5 2/01/08