Eglise romane de Tohogne

 - Le chœur

 (intérieur et extérieur)

 

Le chœur (intérieur et extérieur).

Le chœur (côté sud).

Le chœur (côté sud).

Le chœur actuel est en moellons de calcaire, soigneusement appareillés et disposés en assises horizontales. Il se compose d’un presbyterium rectangulaire couvert d’une voûte en berceau sur lattes et d’un chevet polygonal couvert d’un cul-de-four sur lattes également. Parois et voûte sont enduites. Un cordon de stuc fait le tour du chœur et souligne la naissance du cul-de-four de l’abside (sacristie actuelle).

Voûte en berceau du chœur et sommet du retable.

Voûte en berceau du chœur et sommet du retable.

                Dimensions du chœur : presbyterium : 5,54 m de large sur 5,03 m de profondeur ; abside : 3,30 m ; hauteur sous les voûtes du chœur : ± 9,40 m.

Grande baie rectangulaire nord du presbyterium.

Grande baie rectangulaire nord du presbyterium.

                Quatre fenêtres éclairent le chœur : deux grandes baies rectangulaires allongées dans les murs nord et sud du presbyterium et deux petites rectangulaires percées dans les pans nord-est et sud-est du chevet. Dans ce dernier pan est également percée une petite porte donnant accès du chœur au cimetière. Sur le linteau de la fenêtre, située au-dessus de cette porte, est gravée la date de 1682. Ces fenêtres à linteau droit et clé sont d’un type rarissime dans l’architecture religieuse locale.

Pan sud-est du chevet où sont percées une porte donnant accès au chœur et une petite fenêtre (sur le linteau de celle-ci est gravée la date 1682).

Pan sud-est du chevet où sont percées une porte donnant accès au chœur et une petite fenêtre (sur le linteau de celle-ci est gravée la date 1682).

                C’est en effet en 1682 que le chœur fut rebâti par les seigneurs décimateurs. Cette décision avait été prise en 1664 à la suite des dévastations dont nous avons parlé précédemment. Le chœur n’est donc plus roman.

Photo-montage laissant découvrir le chevet du chœur vu de l’est et l’amorce des bas-côtés.

Photo-montage laissant découvrir le chevet du chœur vu de l’est et l’amorce des bas-côtés.

                Il est difficile de se représenter comment était le chœur primitif. Il avait néanmoins les mêmes dimensions que l’actuel (les tranchées effectuées autour du chœur en 1975 ont révélé son plan, une abside vaguement semi-circulaire précédée d’une travée droite, et souligné son désaxement (vers le nord) par rapport aux nefs). Il est permis de supposer que le chœur primitif était déjà couvert d’une voûte en berceau qui s’achevait en cul-de-four, comme les deux autres chapelles latérales. Les murs du presbyterium étaient peut-être ornés de grandes arcades aveugles semblables, mais en plus grand, à celles qui se trouvent derrière chaque chapelle latérale dans la maçonnerie des bas-côtés. On peut raisonnablement penser qu’il y avait au moins trois fenêtres romanes dans le chœur, une de chaque côté et une derrière l’autel.

Vue générale du chœur.

Vue générale du chœur.

                Vu de l’intérieur, le chœur a de quoi surprendre. Il y a une nette coupure entre les nefs où règne le plein cintre et le chœur qui apparaît dans son style du XVIIe siècle, avec ses deux grandes fenêtres rectangulaires et avec son retable monumental baroque s’élevant jusqu’à la voûte.

Le chœur vu du sud.

                Surélevé d’une marche par rapport à la nef, il communique avec elle par un arc dont le cintre est en anse panier. Cet arc est immédiatement précédé de deux piliers carrés (± 0,85 m de côté). Ceux-ci montent en ligne droite jusqu’au plafond.

Colonnette droite : vestige du droit d’asile ou évidement susceptible d’améliorer la visibilité du chœur à partir des petites nefs ?

Colonnette droite : vestige du droit d’asile ou évidement susceptible d’améliorer la visibilité du chœur à partir des petites nefs ?

                A 1,60 m du sol, ces piliers portent à faux sur deux colonnettes. Et derrière chacune, le pilier est profondément évidé. Celle de droite, d’une hauteur de 68 cm, est (presque) intacte ; elle est de style roman rhénan. Sa base est identique à son chapiteau cubique. Quelle est la raison de cet évidement ? Deux théories s’affrontent. Certains veulent y voir un vestige du droit d’asile : ces colonnettes seraient alors des « pierres de liberté ». Le droit d’asile était accordé aux fugitifs ou présumés coupables qui ne pouvaient être extraits par l’autorité séculière, sans la permission de l’évêque ou tout au moins du recteur de l’église. On peut également supposer que cet évidement a été pratiqué pour permettre aux fidèles se trouvant dans les bas-côtés, aux premiers rangs, de voir l’autel.

Les deux piliers carrés massifs précédant le chœur. L’arc triomphal primitif prenait sans doute appui sur eux.

Les deux piliers carrés massifs précédant le chœur. L’arc triomphal primitif prenait sans doute appui sur eux.

                L’arc triomphal a disparu lors de la reconstruction du chœur. Nous pensons que cet arc, ainsi que la « trabes » (poutre de gloire), s’appuyaient sur ces deux piliers carrés A quoi d’ailleurs auraient-ils servi si ce n’est à supporter l’arc triomphal ?

                Certains prétendent, à tort, que l’arc triomphal a été conservé. Ce serait l’arc actuel qui donne naissance à la voûte en berceau du chœur. Le mur-pignon de la nef repose sur l’arc actuel du chœur. Les deux pilastres carrés, qui se perdent au-dessus de la nef, n’appartiennent donc pas au chœur.

Photo « aérienne » de l’abside prise lors de la restauration de 1975.

Photo « aérienne » de l’abside prise lors de la restauration de 1975.

                A l’occasion du repavage du chœur, en 1902, on a retrouvé derrière le maître-autel une pierre trouée appelée « pastoforia », objet que l’on ne trouve mentionné que dans les constitutions apostoliques où saint Pierre prescrit la manière de construire les autels. Et sous une dalle voisine, on mit aussi au jour un vase de terre rouge, et à côté un coutelas.

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EditRegion5 27/05/07