Eglise romane de Tohogne

 - Aux environs

 (Les croix, grotte et chapelle)

 

Les croix, grotte et chapelle à Tohogne

 

Qu’elles soient de fer, de bronze ou de bois, les croix portent un secret… En effet, les croix de chemin (et les autres) révèlent l’âme d’un peuple croyant.

En sillonnant la campagne, à Tohogne et aux alentours, on rencontre de nombreuses croix. Pourquoi sont-elles là et que représentent-elles ? Les réponses à ces questions sont rarement évidentes. Il faut d’abord savoir qu’aux croix en bois, qu’on remplaçait pieusement lorsqu’elles tombaient, ont succédé parfois des croix plus élaborées (en pierre, en métal, …) pour assurer une meilleure longévité à ces fragiles témoins de la piété populaire.

La personne ou l’association qui remplace une croix vétuste par une nouvelle croix est donc bien souvent dans l’impossibilité d’expliquer le pourquoi de la croix originelle ! De plus, sa motivation est parfois complexe : ce peut être un mélange de piété et de respect du petit patrimoine.

Dans nos régions, on rencontre différents types de croix :

• Les croix de chemin – Le premier rôle d’une croix est de christianiser un lieu. Les carrefours ont souvent fait l’objet d’une attention particulière. Il y a, en effet, un symbolisme de la croisée des chemins, et souvent les carrefours provoquent une peur. La croix fait donc ici office de talisman.

• Les croix de dévotion publique sont dressées essentiellement pour les rassemblements de prière.

• Les croix votives – Elle témoignent chacune d’un vœu particulier. Le chrétien demande à Dieu une faveur en plantant une croix ou, plus fréquemment, en promettant de l’ériger s’il est exaucé. La croix témoigne alors d’une grâce obtenue.

• Les croix des Rogations, de pèlerinages, de processions – Les Rogations constituaient une fête liturgique s’échelonnant sur trois jours, du lundi au mercredi précédant l’Ascension. Curé en tête, la procession des paroissiens traversait le terroir, s’arrêtant aux croix pour bénir les prés et les champs. Ainsi, depuis des siècles, nos campagnes ont écouté des milliers de voix demander au Ciel le juste équilibre entre la pluie bienfaisante et la chaleur du soleil. Et pour ce faire, il importait aux paysans de disposer des croix aux endroits stratégiques, certes au bord des chemins, mais donnant aussi sur les prés et les cultures.

• Les croix de mission – Dès le XIXe siècle, des Pères Rédemptoristes étaient invités par nos curés dans nos paroisses pour y prêcher durant plusieurs jours. C’était la mission. Elle se prolongeait traditionnellement par l’installation d’une croix commémorative payée par les fidèles.

• Les croix des villages et des cimetières – Nombreux sont nos villages qui s’ouvrent et se ferment par des croix. Certaines places sont christianisées ainsi, bien sûr, que les cimetières

• Les croix des sommets, des sources et des fontaines – Bien des sommets ont conservé une croix. Le rôle de christianisation est ici évident ainsi que pour les sources et fontaines. D’abord parce que l’eau a toujours été sacrée ; ensuite pour récupérer les cultes antérieurs.

• Les croix mémoriales – Certaines croix servent de témoins. C’est ainsi que le lieu d’une mort brutale (croix d’occis) – ou au contraire d’un coup de chance – peut faire l’objet d’une érection de croix. Certaines « croix de batailles » se souviennent d’un conflit.

Sources :http://www.genealogie.org/club/shgij/hcroixchemin.html

-http://cantalcroix.free.fr/

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Croix_monumentale

Nous sommes loin d’avoir énuméré ici tous les types de croix existant !

 

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Suit ci-après l’énumération des croix du village de Tohogne. Nous y avons joint quelques éléments caractéristiques du petit patrimoine se trouvant en périphérie ; nous ne pouvions être exhaustif.

La grotte de Notre-Dame de Lourdes et l’ancien christ de la tour de l’église de Tohogne

 

Quand on entre dans le village de Tohogne en venant de Barvaux, au bas de la côte du « Tier del Creûx », à droite du carrefour formé par la route qui prend la direction de Hamoir, on distingue en retrait une belle grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes.

(Extrait du Liber Memorialis de la paroisse, p. 34) :

grotte de Notre-Dame de Lourdes

« Depuis 1922, une statue de N.-D. de Lourdes se trouvait en cet endroit, lieu-dit « Les Ågelires ». Le 1er dimanche de mai 1940, le curé Jacquemin proposa aux membres de la Ligue de J.-C. de construire une grotte à cet endroit. Le 10 mai, la guerre éclate. Bien des personnes, en ces circonstances, firent des dons pour son édification. On fit la promesse de l’édifier dès que les circonstances le permettraient. La parcelle appartenait à la Commune de Tohogne. La Commune céda à la Fabrique le terrain nécessaire. L’urbanisme approuva le plan de la grotte à condition qu’elle fût construite avec des rocailles recueillies dans la campagne. Le travail de la maçonnerie fut exécuté par Célestin Trine de Tohogne. Les statues de N.-D. et de Bernadette ont été fournies par Emile Pirotte à Liège. Tout l’aménagement de la grotte a coûté la somme de 14.600 F entièrement couvert par des dons. » « Puisse cette modeste grotte, élevée en reconnaissance des bienfaits reçus, devenir un centre de piété mariale pour la paroisse. » Curé Jacquemin.

ancien christ de la tour de l’église de Tohogne

Dans les années’80, le site était presque à l’abandon. Quelques Tohognois se mobilisèrent pour assainir l’endroit. Des arbustes furent coupés, une nouvelle haie d’enceinte plantée et une pelouse aménagée. Depuis lors, ce lieu est entretenu par des bénévoles locaux.

Dans l’enceinte, on peut également découvrir une grande croix en chêne de 4 m de haut (faisant 20x20 cm de section) comportant un Christ en béton (ayant 1,40 m de hauteur). Le bois a été fourni par F. Collard de Bomal pour 4.752 F. La croix a été façonnée bénévolement par André Gobert de Tohogne et mise en place le 18 mars 1992 par Christian Pire, Daniel Cosme, André Gobert et François Bellin. Sa base est emprisonnée dans un m3 de béton armé. Primitivement, ce christ était adossé au mur ouest de la tour de l’église de Tohogne. Il aurait été placé à cet endroit suite à une mission donnée en novembre 1912 (coût : 100 F) sous le pastoral de M. l’abbé Rulmont. Lors de la restauration de l’église en 1975, il avait été enlevé et entreposé à la ferme Ninane-Marthoz à Tohogne.

La croix du « Tier del Creûx »
croix du « Tier del Creûx

A sortir du village de Tohogne, dans la direction de Barvaux s/O., lorsqu’on aborde la petite côte du « Tier del Creûx », une route étroite asphaltée démarre sur votre gauche. Cent mètres plus haut, toujours à gauche, s’élèvent quatre beaux tilleuls placés en carré. Leur base est surélevée par rapport à la route. Au centre de ces quatre arbres, on distingue une croix en bois ayant un socle en maçonnerie. On accède à celle-ci grâce à des escaliers maçonnés. L’origine de ce lieu se perd dans la nuit des temps. Déjà sur la carte de cabinet des Pays-Bas autrichiens levée par de Ferraris avant 1780, le lieu-dit « Thier de la Croix » est mentionné. Depuis lors, de multiples croix ont sans doute existé en ce lieu. La dernière en date en méranti (ayant 2,10 m de hauteur et 1,43 m de largeur), fabriquée par la Menuiserie Lecart à Hamoir, a remplacé en 1984 l’ancienne qui était pourrie. Un magnifique Christ en résine de 63 cm de hauteur orne cette croix grâce à la générosité des habitants du quartier. Au pied du Calvaire, une pierre de taille a été placée par des ouvriers communaux. M. l’abbé Feuchaux a béni ce lieu le 15 août 1984.

Le crucifix de Herbet (lieu-dit « Au Thier des vieilles Forges »)
crucifix de Herbet

Entre Tohogne et Herbet, à égale distance entre ces deux patelins, au bord de la route asphaltée (ancienne « Voye dès mwèrts »), on distingue cette belle croix située entre deux tilleuls, en pleine campagne. Un pilier élancé en pierre de taille ayant 2,5 m de hauteur, comportant trois éléments, légèrement plus large à sa base et se réduisant juste à son sommet, sert de support à une croix. Dans les années ’90, toutes les pierres de taille primitives ont été remplacées par des neuves ayant les mêmes proportions. Vers l’an 2000, des vandales renversèrent le monument. Les trois éléments de pierre de taille le constituant et la grande croix de fer comportant un antique et massif Christ en fonte gisaient lamentablement dans le champ de culture voisin. La croix fut soustraite aux convoitises par un Tohognois, en plein accord avec les autorités communales. Bien après le triste événement, ce monument fut remis debout sans la croix qui, elle, avait fait son temps. Monsieur Albert Wenin, maçon communal, découvrit, au cimetière de Villers-Sainte-Gertrude, une belle croix en pierre abandonnée, susceptible de retrouver une nouvelle jeunesse au-dessus du monument de Herbet. Du projet, il passa rapidement aux actes. Le hasard voulut que, quelques jours plus tard, l’ancien Christ, restauré par des privés, refît surface, mais trop tard, la place était occupée. Surprise et désolation de M. Wenin ! Fallait-il enlever la nouvelle venue ou sacrifier l’antique crucifix ? Une visite sur place fit disparaître le dilemme. Il fut décidé de faire coexister les deux croix. L’originelle serait fixée à l’avant du monument et solidariserait ainsi les deux éléments supérieurs. Ce qui fut dit fut fait. Subsistait un doute quant à l’effet esthétique général. Mais non, c’est globalement harmonieux et d’ailleurs les passants ne remarquent rien d’anormal. Deux croix ne valent-elles pas mieux qu’une seule ? Il était écrit que ce monument souffrirait encore. En octobre 2007, de nouveau il était bien malmené. Les malandrins n’ont pas fait dans la dentelle : ils ont même déstabilisé sa base. Tout était à refaire. Heureusement, les services communaux ont, dès le 10 octobre, remis le tout en place et de maîtresse façon.

La croix du « Bwès dal Creû »
croix du « Bwès dal Creû »

Quand on quitte Tohogne et que l’on emprunte la route qui mène directement à Verlaine (à 800 m environ du croisement des trois routes conduisant respectivement à Hamoir, Verlaine et Herbet), on peut apercevoir sur la droite une petite croix haut perchée. En effet, dans un massif formé par trois arbres et des buissons prenant racines à 5/6 mètres du bord du chemin et surélevés par rapport au niveau de ce dernier, une croix en bois est fixée à un frêne. Elle comporte un Christ en fonte. Il y a de fortes probabiltés que ce lieu aît abrité une croix depuis de nombreuses années. Déjà sur la carte de Ferraris (ayant plus de 200 ans d’âge), cet endroit est mentionné de cette façon : « Arbre de Verlaine ». Une vieille personne de Tohogne racontait jadis : « qu’au pied de ces arbres seraient enterrés des gens de Verlaine » (morts de la peste). En 1986, la croix disparut soudainement et fut bientôt remplacée par une croix provisoire de fosse. En 2001, une nouvelle croix (88x58 cm) a été réalisée bénévolement par Joseph Berck de Verlaine. Elle a été mise en place le 16 août 2001.

Le crucifix « Kaye » (lieu-dit « Au Give »)
Le crucifix « Kaye »

A quelque 300 m de l’ancienne laiterie de Tohogne, dans la direction de Longueville, on distingue à gauche de la grand-route, quelques mètres en retrait de celle-ci, une croix en fer assez frêle ayant 83 cm de hauteur étant assujettie à un petit socle en béton dépassant le sol de 47 cm. On peut lire la date 1946 gravée à la base de ce support. Précédemment, il existait, au même endroit, une croix en bois protégée par un auvent. La nouvelle croix a été placée par Jules Dumont, ancien Tohognois, qui avait fait le vœu d’édifier plusieurs croix s’il recouvrait la santé. Le crucifix abîmé (pieds brisés) a été remplacé bénévolement par Emile Billy en 1997.

La croix « Hubenne » ou « Hubinne » (lieu-dit « Al Creû Hubenne »)
croix « Hubenne » ou « Hubinne »

Lorsqu’on se dirige vers Houmart, venant de Tohogne, arrivé à mi-course, on découvre, à droite, un chemin de campagne. En empruntant celui-ci, 300 m plus loin à gauche, se dresse un tilleul ayant un tronc énorme et particulièrement tourmenté. Une « croix Ubin » est déjà renseignée sur la carte de Ferraris (1770-1778). Son existence serait cependant plus ancienne. Elle aurait été placée à cet endroit afin de symboliser une limite de territoire, celui sur lequel Messire Hubin, voué de Jean de Bohême, est autorisé, pour service rendu au Comte de Luxembourg, à prélever une dîme sur la terre de Tohogne. L’histoire de ce lieu ne s’arrête pas au XIIIe siècle. Celle de son actuel tilleul remonte environ à deux cents années, marquées par diverses attaques des hommes. Celles-ci ont nécessité une taille très sévère des sept gigantesques branches qui ornaient encore le géant en 1998. On l’a cru mort mais il renaît de ses cendres. Plantée dans son tronc creux, l’actuelle grande croix en bois a la hauteur d’une personne, date de 1987 et a été réalisée bénévolement par Dany Cosme avec du bois de chêne donné par M. et Mme Jean Dresse-Delsemme de Juzaine. Le crucifix en fonte, d’allure antique, provient d’une brocante.

Sources : « Arbres et haies remarquables de la Commune de Durbuy », catalogue d’exposition, bibliothèque communale, 2007.

 
La croix « Poulette »
La croix « Poulette »

Presqu’au sommet de la côte reliant Tohogne (côté ancienne laiterie) à Coquaimont, on peut admirer sur la gauche, à la croisée d’un chemin de campagne presque abandonné, un Christ en cuivre scellé dans une belle pierre de taille ayant 85 cm de hauteur. Cette pierre, aux formes élégantes, porte à sa base l’inscription : 19 RIP 48. Elle est assise sur une autre pierre lui servant de base, elle-même posée sur un béton ayant une forme triangulaire. Ce petit monument est assez curieusement entouré de fils côté sud (il y a peu encore de fils barbelés). Il étaient destinés à protéger le monument des bovidés passant à cet endroit. C’est l’ancien Tohognois Jules Dumont qui aurait également érigé cette croix (voir Crucifix « Kaye »). Il faut savoir que la famille Dumont avait pour sobriquet « Mon Poulette », d’où l’appellation de la croix.

La croix « des Monts »
croix « des Monts »

Cette croix en bois, on ne peut plus modeste, ayant 90 cm de hauteur et supportant un beau Christ en fonte, est assujettie au tronc d’un majestueux tilleul. Cet arbre est situé au sommet de la côte qui prend son élan au lieu-dit « La Fontaine » dans le village de Tohogne et qui grimpe allègrement vers le hameau de Coquaimont. Naguère encore, cette croix voyait le passage d’une procession faite le 1er jour des Rogations. Une nouvelle croix, pareille aux précédentes, a été réalisée bénévolement par Marc Ninane et mise en place le 21 mars 1998.

La petite croix ou « Li p’tit’ creû »
La petite croix ou « Li p’tit’ creû »

Avant la réalisation de la route Tohogne-Longueville passant par le lieu-dit « Entre-deux-Soës », « li p’tit’ creû » était située à gauche du chemin, presqu’à mi-distance entre le lieu précité et le tilleul « des Monts ». Suite à une modification de tracé, la croix a été déplacée vers son vis-à-vis, à droite de la nouvelle route. En septembre 1986, les Ateliers de menuiserie Lecrenier à Tohogne ont confectionné gracieusement une nouvelle croix en chêne faisant 1,3 m de hauteur. A l’arrière, une barre de fer faisant corps avec la croix rentre en terre et lui sert de point d’ancrage ainsi qu’une autre barre métallique faisant office de poussoir. A l’arrière également, on trouve un fer forgé en spirales réalisé par Gilbert Noël, rappelant celui de l’ancienne croix. Au temps des Rogations (jusqu’en 1968), on marquait un arrêt devant cette croix et le prêtre chantait : « O crux ave spes unica »…

La croix du « Tier dès Boûs »
croix du « Tier dès Boûs »

Cette croix ayant 1,30 m de hauteur est en bois. Sobre d’allure, elle supporte un petit Christ métallique. Elle est assujettie au pignon d’une ancienne étable appartenant à M. Delcroix, au lieu-dit « Tier dès Boûs » à droite du virage à 90° situé au bas de la rue de Presseux lorsqu’on se dirige vers le « carrefour Thiry » tout proche. La croix originelle aurait été placée par Baptiste Coquay ou son fils Alphonse. Jadis, elle était décorée par les jeunes filles du quartier à l’occasion des Rogations. La croix est actuellement entretenue par le propriétaire du lieu.

La croix du « Sårtê »
croix du « Sårtê »

Au « carrefour Thiry » à Tohogne, on découvre une croix en méranti, faisant un mètre de hauteur, adossée au pignon d’une dépendance de la maison Gordinne. C’est grâce au « sponsoring » de Mme Germaine Wiltgen-Trine que cette croix a été remise en place le 15 novembre 1997. Dans sa jeunesse, elle l’apercevait de sa maison mais cette croix originelle disparut bien avant la guerre 40-45.

La croix Sainte-Barbe
croix Sainte-Barbe

Comme la carte de Ferraris l’atteste, une croix Sainte-Barbe existait déjà avant 1780. Mieux : en 1637, le lieu-dit où elle est située s’appelait « Alle Croix de la piedsente » (Registre de la Haute Cour de Durbuy : Œuvres de loi, 1634-1641 – Acte du 13 mars 1637). C’est dire que l’actuelle croix Sainte-Barbe située entre Tohogne-Village et Warre, à gauche de la grand-route, aux approches de ce dernier hameau, n’est pas l’originelle. Le crucifix massif en fer et en fonte (ayant 68 cm de hauteur) est serti au sommet d’un pilier haut de 1,70 m composé de trois pierres de taille superposées. La pierre supportant le crucifix est la plus ouvragée et l’on peut y lire l’inscription bien visible FB 1829 (peut-être les initiales de l’ancienne Fenderie de Bohon, toute proche et probable fondeuse de la croix). Derrière ce pilier, une barre de fer allant du sol jusqu’à la troisième pierre renforce la stabilité du monument. De chaque côté de cette croix se dresse un tilleul. Celui de gauche est grand et vigoureux ; celui de droite, petit et malingre. Pourquoi une croix Sainte-Barbe ? Il faut signaler que sous ce lieu ont été exploitées jadis des mines de pyrite de fer par la Société de Sclessin (encore en 1863). Or, sainte Barbe est la patronne des mineurs. Ce ne peut être une coïncidence. Cet endroit était le but d’une procession partant de Tohogne lors du 2e jour des Rogations. Pour la petite histoire, en 1983, des vandales ont tordu la base du crucifix. Lorsqu’on a voulu la redresser, elle s’est rompue. Des gens de Warre ont effectué les réparations qui s’imposaient. En outre, toujours en 1983 (en août), la foudre est tombée sur le Christ ; la belle pierre lui servant de support s’est brisée. Les morceaux ont été recollés mais une restauration plus professionnelle devient nécessaire.

La chapelle Notre-Dame del Cherra
chapelle Notre-Dame del Cherra

La chapelle Notre-Dame del Cherra aurait été bâtie en 1790 par Jean-Pierre Dehé, curé de Tohogne de 1786 à 1793. Adossée à la roche, cette construction ouverte en moellons de grès et de calcaire est située au nord-est de Durbuy, à la sortie de la ville, sur un escarpement rocheux face à l’Ourthe, le long du chemin qui grimpe en direction du hameau de Warre. Cette humble chapelle attire d’emblée le regard. Elle est précédée de trois marches. L’entrée est entourée de deux pilastres en calcaire encadrant une grille en retrait. L’autel en pierre calcaire supporte une potale creusée d’une niche en plein cintre. La chapelle abritait jadis la statue de Notre-Dame del Cherra ; celle-ci a dû être mise en lieu sûr et remplacée par une copie en plâtre (elle n’est plus visible). Des sources peu sûres attribuaient cette statue à Jean Del Cour. En réalité, elle est liégeoise certes mais daterait des environs de 1750. Son nom harmonieux, à consonance espagnole, lui vient sans doute de l’endroit où elle est vénérée, c’est-à-dire du raidillon montant au « chèra » utilisé autrefois par le charroi fréquentant Durbuy. De nos jours, le sentier, réservé aux promeneurs, est doublé d’une route asphaltée moins aride. Au XVIIIe siècle, le vieux chèra rejoignait, quelques centaines de mètres plus haut, le « Chemin de la Vicomté du château de Durbuy à celui de Stavelot » qui, au sortir de Durbuy, traversait deux gués sur l’Ourthe avant de grimper vers Warre plus en aval. La chapelle appartient aux œuvres paroissiales du doyenné de Barvaux. Autrefois, les paroissiens de Durbuy s’y rendaient en procession, le dernier dimanche de mai, à la vesprée. Déjà en 1970, ce bâtiment frisait la ruine ; il a heureusement été restauré par la Ville de Durbuy en 1986.

Sources : « Histoire et légende de Notre-Dame del Cherra à Durbuy » par Joseph Bernard, in « Terre de Durbuy », n° 1, 1982.

 
La croix des Combes
croix des Combes

Le tilleul abritant la croix des Combes est situé aux confins de l’ancienne commune de Tohogne, à Longueville, sur la ligne de crête, au bord du chemin conduisant à Jenneret. La présence de la croix à cet endroit est confirmée par un testament de 1741 qui impose à l’héritier « d’entretenir une croix sur les Combes » et de la remplacer si nécessaire par une de la même hauteur. Arbre à clous, il délivrait des maux de dents. Le malade enfonçait une pointe de fer dans son écorce, le tilleul retenait le mal. Si un mauvais plaisant enlevait le clou, le mal « délié » l’accablait à son tour. Efficace ? On pourrait le penser puisqu’un détecteur de métaux a confirmé la présence de traces métalliques à plusieurs endroits. Guérisseur, cet arbre l’est aussi pour lui-même. Jusque dans les années ’70, son pied était creux, subissant une « cavité qui le mine » pour reprendre l’expression d’André Nélissen. Aujourd’hui, l’écorce ne présente plus qu’une longue cicatrice, assainie, grâce au concours d’un bienveillant baron du voisinage. La petite croix en bois des Combes, banale s’il en est, a été rénovée et remise en place le 15 décembre 1995.

Sources : « Arbres et haies remarquables de la Commune de Durbuy », catalogue d’exposition, bibliothèque communale, 2007.

 
La croix Mouchette
croix Mouchette

Lorsque l’on quitte le village de Houmart, en direction de Longueville, et que l’on emprunte un petit chemin de remembrement asphalté situé à droite de la grand-route (à 400 m du carrefour de l’église), on commence à grimper vers le tige (1) que l’on rejoint 350 m plus haut à une altitude de près de 300 m. A gauche de ce carrefour, point culminant du lieu, on peut y admirer la croix Mouchette, une croix en chêne somme toute modeste mais bien connue dans la région. Située entre les lieux-dits « Purnay » et « Derrière le Tige », elle est plantée au pied d’un solide et majestueux conifère (sans doute un if) et regarde le village de Hermanne. Elle a une hauteur de 157 cm et une largeur de 75 cm. Un support métallique en forme de T fabriqué par Christian Pire de Tohogne a été bétonné dans le sol et lui sert de support. La nouvelle croix, presqu’identique à l’ancienne vieillissante, a été réalisée bénévolement par Marcel Gathy de Houmart et mise en place le 10 novembre 2005. José Mouchette de Saive, ancien Tohognois, (ici son nom interpelle !) a été à l’origine de cette initiative et l’a sponsorisée. La croix Mouchette est entourée par de larges bordures de béton formant un carré de 128 cm de côté. Ce carré est lui-même prolongé par un triangle dont la pointe regarde le nord-est. Cet encadrement peu saillant est serti de nombreuses petites pierres de roche. De cet endroit privilégié, on a une belle vue sur la vallée de l’Ourthe. Néanmoins, les villages de Houmart et de Longueville, tout proches, sont à peine visibles. Celui de Tohogne l’est moins encore, masqué qu’il est par la colline de « Quoi » (Kwå). A droite, on distingue les Ardennes liégeoises. Pourquoi ce nom de « Mouchette » ? L’histoire est nébuleuse. Déjà au XVIIIe siècle, on comptait bien des « Mouchette » dans la région. On raconte qu’un de ceux-ci passait en ce lieu avec une charretée de foin lorsqu’un violent orage éclata. Le fermier eut beau se réfugier sous le char, il fut néanmoins mortellement foudré. Si cette version est la bonne, il s’agirait alors d’une croix d’occis mais alors l’originelle dut être en pierre : c’était la règle !

(1) Les tiges sont ces nombreux et tout vieux chemins condusiens qui courent aux sommets séparant les longues et étroites vallées du sud-ouest vers le nord-est. C’est typiquement régional. Leur assiette est souvent préromaine.





























Derniere mise à jour le 1/08/17 Derniers éléments ajoutés Recherche sur le site

 

EditRegion5 19/10/09